Inès de la Fressange et Denis Olivennes, 15 ans d’amour en images : « Ensemble, on rit beaucoup »

Journaliste le jour, barbouze la nuit, Roger Auque était aussi le père caché de Marion Maréchal Le Pen.
L'information est sortie sans trop de bruit, en 2013: la jeune députée FN de 24 ans, est le fruit de trois nuits d'amour en 1989 entre Yann, fille cadette de Jean-Marie Le Pen, et de Roger Auque. "Ce n'est que dix mois plus tard que Yann m'annonce la naissance de Marion (...) J'ai aussi compris que les Le Pen ne souhaitaient pas que je reconnaisse l'enfant. Je restais donc dans le décor," raconte le journaliste à son ami écrivain Jean-Michel Verne. Jusqu'au jour où Yann se marie avec Samuel Maréchal. Celui-ci reconnait Marion qui a deux ans et exclut Roger Auque de la famille.
Ce n'est qu'en 2002, lors de l'entre deux tours de l'élection présidentielle que Roger se fond dans la masse des journalistes présents au Chateau de Montretout et redécouvre sa fille de douze ans avec une intense émotion. Dès lors, ils ne cesseront de se revoir entre deux déplacements du baroudeur. "Marion voulait aussi être journaliste, puis avocate. Mais son nom lui fermait des portes, explique Jean-Michel Verne. C'est Roger qui l'a guidée vers la politique. Il était comme son parrain". Verne ajoute: "Marion, accompagnée de sa fille Olympe à peine âgée de neuf jours, a tenu a lui rendre hommage à son enterrement, le 12 septembre dernier. Une façon de dissiper définitivement le mystère de sa paternité." Roger avait 58 ans.
Lever un pan du voile. En novembre 2013, Roger Auque, habituellement si secret, a demandé à Jean-Michel Verne de rédiger ses mémoires. Il fallait faire vite, gagner la course contre la tumeur au cerveau. Il avait tant à raconter. "Il a choisi de faire ça en famille, raconte Jean-Michel Verne, et j'ai réalisé les entretiens pendant dix jours, dans la maison de Natasha, la mère de sa fille Carla, dans les Yvelines. Il était un personnage digne des livres de mon aïeul Jules Verne!"
Roger Auque était plutôt SAS, l'espion flambeur collectionneur de jolies femmes. Sa vie a d'ailleurs beaucoup inspiré son ami l'écrivain Gérard de Villiers. Otage du Hezbollah à Beyrouth, Roger est alors correspondant de guerre quand il est libéré, en 1987. Très vite, le Mossad le contacte. Puis la DGSE. Grand connaisseur du Moyen-Orient, le chasseur de scoops continue à publier des articles -notamment à Paris Match- tout en aidant les services secrets à libérer des otages. Même la CIA le convie: "A cette époque, les Etats-Unis cherchaient des renseignements sur l'Iran et l'Irak (...). Je me suis rendu à New York (...), mais également au Pentagone pour rencontrer des agents américains."
Parallèlement, ce gaulliste convaincu devient Franc-Maçon, ce qui l'aide à entrer en politique. Puis en diplomatie. Sous Sarkozy, il devient ambassadeur en Erythrée. Les ors de la république comme un ultime baroud d'honneur pour ce fils de courtier d'assurances qui a grandi près de Dunkerque. "Sur les quais du port, face aux bateaux de guerre, Roger rêvait d'entrer dans la Royale. Il aimait l'aventure, le pouvoir et les femmes. Et il s'est fait vraiment plaisir!" sourit Jean-Michel Verne.
Livre testament chez FAYARD: Roger Auque avec Jean-Michel Verne: "Au service secret de la République"